Localisation : Île aux Allumettes
Thème : Les Algonquins de l’Outaouais
Année : 1632
Capsule(s) reliée(s) :

1534-1760 - Les Algonquins de l’Outaouais
Capsule
A1
Les premiers habitants de la vallée de l’Outaouais

Carte du Saint-Laurent et de la vallée de l’Outaouais dressée par Champlain vers 1613 et publiée en 1632.  À noter : la présence de la Petite Nation des Algoumequins et l’inscription du mot « Sauts » près de l’île aux Allumettes.
Carte du Saint-Laurent et de la vallée de l’Outaouais dressée par Champlain vers 1613 et publiée en 1632.  À noter : la présence de la Petite Nation des Algoumequins et l’inscription du mot « Sauts » près de l’île aux Allumettes.
Ce plan des vallées du Saint-Laurent et de l’Outaouais résume fort bien nos connaissances actuelles sur les localisations des peuples « Algoumequins » à l’époque de Champlain.
Ce plan des vallées du Saint-Laurent et de l’Outaouais résume fort bien nos connaissances actuelles sur les localisations des peuples « Algoumequins » à l’époque de Champlain.
Cette peinture, qui  représente un « canot de maître » ou « de Montréal » avec son équipage permet de remonter dans le temps pour s’imaginer des situations similaires vécues par Champlain et ses hommes.
Cette peinture, qui  représente un « canot de maître » ou « de Montréal » avec son équipage permet de remonter dans le temps pour s’imaginer des situations similaires vécues par Champlain et ses hommes.
Le monument à Samuel de Champlain qui se dresse sur la pointe Nepean, près du Musée des Beaux-Arts du Canada, à Ottawa.
Le monument à Samuel de Champlain qui se dresse sur la pointe Nepean, près du Musée des Beaux-Arts du Canada, à Ottawa.

Les paysages de l’Outaouais sont le résultat d’une longue histoire géologique1. Après la naissance de la chaine de montagne des Laurentides il y a plus d’un milliard d’années, la région est envahie par la mer2. Il y a un million six cent mille ans, à la suite de nombreuses glaciations, l’Outaouais et le sud du Québec sont recouverts d’un glacier de plusieurs kilomètres d’épaisseur. La fonte de cette calotte glaciaire, il y a plus de douze mille ans, donne naissance à la mer Champlain, qui se retire graduellement dans les millénaires qui suivent.3 On peut s’imaginer une rivière des Outaouais beaucoup plus large qu’elle ne l’est aujourd’hui, bordée par des paysages qui ressemblent à l’arctique Canadien actuel, dans lequel se déplaçaient de grandes hardes de caribous. C’est alors seulement que l’être humain entre en scène!  Sous l’effet du réchauffement du climat, ce paysage arctique dans lequel se déroulaient ces grandes chasses au caribou continua à se transformer dans les siècles qui suivirent. Il fut graduellement remplacé par une forêt qui est beaucoup plus familière aux habitants de l’Outaouais d’aujourd’hui. La toundra dégarnie se peupla peu à peu d’arbres. D’abord, ce furent des conifères, puis ensuite des arbres feuillus, comme l’érable à sucre. Ce nouvel environnement, qui s’est mis en place, était très riche en gibiers, poissons et plantes de toutes sortes.  Durant l’été, de petits groupes de chasseurs profitaient de la température clémente pour remonter les berges de la rivière vers le nord, équipés de lances à la pointe en pierre taillée.  Cette grande chasse était l’occasion de refaire des provisions avant de redescendre vers le sud en prévision de l’hiver.

Les premières traces d’une occupation humaine de la vallée de l’Outaouais remontent à 6 000 ans environ4.  Les peuples sont pour la plupart nomades. Ils doivent se déplacer régulièrement de lac en lac et de rivière en rivière pour pouvoir vivre du produit de leur chasse, de leur pêche, et de leurs cueillettes5. Ils se doivent d’avoir à leur disposition plus de 39 kilomètres carrés de territoire par individu pour survivre.  Ils sont constamment menacés de famine ! C’est la raison pour laquelle plusieurs de ces groupes vont peu à peu devenir sédentaires et se mettre à pratiquer une forme quelconque d’agriculture. Ainsi, les ancêtres des Anishinabeg (Algonquins) et métis actuels commencèrent à chasser, à trapper, à pêcher et à vivre dans la vallée en poussant leurs campements d’été toujours plus vers le nord,  et leurs campements d’hiver toujours plus vers l’intérieur des terres.

Les Anishinabeg contemporains décrivent le campement d’été de leurs ancêtres de la manière suivante :

« L’été, plusieurs familles se rassemblaient pour des échanges, des mariages, et autres sujets communs. Il s’agissait alors de familles élargies ou encore de familles qui n’avaient pas de liens entre elles. Pendant la belle saison, les gens restaient au même endroit ou se déplaçaient dans les environs. Ils en profitaient alors pour amasser des provisions en vue de la saison froide. Ainsi ils faisaient sécher la viande, amassaient des baies sauvages, cultivaient certaines plantes, préparaient des plantes médicinales, etc. »6

À l’automne, chaque famille rassemblait les provisions qu’elle avait faites et allait s’installer sur son territoire de chasse hivernale, situé à l’intérieur des terres. Comme le notent les Anishinabeg, « L’hiver était une période de subsistance et de survie. »7

C’est d’ailleurs ce mode de vie de chasseurs-cueilleurs nomades forestiers qu’auront principalement les premiers habitants de la vallée de l’Outaouais au moment du contact avec les Européens8.

Samuel de Champlain est le premier Européen à laisser un témoignage écrit sur les nations Algonquines de la vallée de l’Outaouais, qu’il appelle à l’époque « Algoumequins », rencontrés dans ses voyages d’exploration de 1613 et de 1615. En 1613, il se rend jusqu’à l’île aux Allumettes et il est reçu par le chef de la Grande nation des Algoumequins. C’est Champlain qui dresse la liste des nations algonquiennes de l’Outaouais et qui situe géographiquement leurs territoires d’appartenance.9 Les Kichesipirinis (la « Grande nation ») sont dominants sur une grande partie de la rivière des Outaouais et leur campement principal se trouve sur l’île Morrison, les Ouechkarinis (la « Petite nation ») habitent les vallées des rivières Lièvre, Petite-Nation et Rouge10, les Kinounghepirinis (le « Peuple du Brochet »), sont installés sur les rives du lac du Rat-Musqué,(Muskrat Lake) près de Pembroke, les Mataouchkarinis, occupent une partie de la vallée de la rivière Madawaska, sur la rive ontarienne et les Kotakoutouemis, vivent dans les bassins des rivières Coulonge et Dumoine et à l’est de Rapides-des-Joachims.

Champlain rapporte que certaines des nations algonquiennes pratiquent une forme d’agriculture. C’est le cas des Mataouchkarinis de l’embouchure de la rivière Madawaska, qui effectuent des « brûlés » et qui sèment du blé-d’inde, des Kinounchepirinis du lac du Rat-Musqué, qui, sous l’œil attentif de leur chef Nibachis, font de même, et des Kichesipirinis de l’île Morrison, qui sont fiers de leurs jardins de pois et de citrouilles.  Ce témoignage permet de nuancer ce qui différencie alors le mode de vie des Algonquins de celui des Iroquois.

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Références et définitions

1 Ces données d’ordre géologique sont puisées dans Bruno Landry et Michel Mercier, Notions de géologie, 3e édition, Sherbrooke, Modulo, 1992, pages 522-543.

2 Ibid., pages 532-536. Il s’agit de l’invasion marine du « Iapetus » survenue il y a 500 millions d’années..

3 Ibid., pages 541-542.

4 Les découvertes archéologiques de l’île Morrison, près de l’île aux Allumettes, dans le Pontiac, tout comme les fouilles du lac Leamy viennent confirmer cette évaluation[1]. Une datation au carbone 14 effectuée sur des artéfacts du lac Leamy nous apprend d’ailleurs que l’occupation de ce site par des Amérindiens remonte à plus de 4 000 ans.  Les outils en pierre, les fragments de vases en terre cuite et les objets en cuivre natif de ce site témoignent également des liens commerciaux qui lient les nations autochtones de la région des Grands Lacs à celles de la vallée du Saint-Laurent. Pour une synthèse fort bien réussie des résultats de ces fouilles, à l’exception de celles du parc du lac Leamy, voir Gérald Pelletier, «Les premiers habitants de l’Outaouais : 6 000 ans d’histoire», dans Histoire de l’Outaouais, (éd.Chad Gaffield), Québec, IQRC, 1994, pages 41-65. Marcel Laliberté, «40 siècles de présence humaine», dans Continuité, no 69, été 1996,  page 21.

5 Roger J. M. Marois, Les Schèmes d’établissement à la fin de la préhistoire et au début de la période historique: Le sud du Québec, Musée national de l’Homme, Ottawa, 1974, (Coll. « Mercure », Commission archéologique du Canada, dossier no 17), pages 41, 86-87, 190, 71-72 et 88.

6 http://www.anishinabenation.ca/fr/hist_na_fr.htm

7 http://www.anishinabenation.ca/fr/hist_na_fr.htm

8 Voir Gérald Pelletier, «Les premiers habitants de l’Outaouais : 6 000 ans d’histoire», dans Histoire de l’Outaouais, (éd.Chad Gaffield), Qu0ébec, IQRC, 1994, pages 41-65.  Pour un traitement sommaire des fouilles du parc du lac Leamy, voir Marcel Laliberté, «40 siècles de présence humaine», dans Continuité, no 69, été 1996, pages 20-21.

9 Samuel de Champlain, Voyages  (Ed. C.-H. Laverdière), Montréal, Éditions du Jour, 1973, page 299. Voir aussi : Louis Taché et al, Le Nord de l’Outaouais. Manuel-répertoire d’histoire et de géographie régionales, Ottawa, Le Droit, 1938, pages 112-117 ainsi que le rapport-synthèse de Nelson-Martin Dawson intitulé De la rivière des Algoumequins à la rivière des Outaouais. Histoire et destin des tribus algoumequines d’après les archives de l’époque coloniale, (2 volumes), Sherbrooke, Rapport final, juin 2002.

10 Nelson-Martin Dawson, Op. cit., volume 1, pages 169-171.

Sources et légendes des médias secondaires

PHOTO No 1
Source : Père Louis Taché et al, Le Nord de l’Outaouais, Ottawa, Le Droit, 1938, page 114.
Légende : Carte du Saint-Laurent et de la vallée de l’Outaouais dressée par Champlain vers 1613 et publiée en 1632.  À noter : la présence de la Petite Nation des Algoumequins et l’inscription du mot « Sauts » près de l’île aux Allumettes.

PHOTO No 2
Source : Nelson-Martin Dawson, De la rivière des Algoumequins à la rivière des Outaouais. Histoire et destin des tribus algoumequines d’après les archives de l’époque coloniale, (2 volumes), Sherbrooke, Rapport final, juin 2002, volume 1, page 17.
Légende : Ce plan des vallées du Saint-Laurent et de l’Outaouais résume fort bien nos connaissances actuelles sur les localisations des peuples « Algoumequins » à l’époque de Champlain.

PHOTO No 3
Source : Eric W. Morse, Fur Trade Canoe Routes of Canada / Then and Now, Ottawa, Imprimeur de la Reine, 1969, page 7.
Légende : Cette peinture, qui  représente un « canot de maître » ou « de Montréal » avec son équipage permet de remonter dans le temps pour s’imaginer des situations similaires vécues par Champlain et ses hommes.

PHOTO No 4
Source : Père Louis Taché et al, Le Nord de l’Outaouais, Ottawa, Le Droit, 1938, page 112.  Photographie de Lucien Brault.
Légende : Le monument à Samuel de Champlain qui se dresse sur la pointe Nepean, près du Musée des Beaux-Arts du Canada, à Ottawa.