Localisation : Chutes des Chaudières
Thème : L'essor de l'Outaouais
Capsule(s) reliée(s) :

1760-1867 - L'essor de l'Outaouais
Capsule
B10
Du bois pour « l’Oncle Sam »

Vue d’une partie des scieries des chutes de la Chaudière avec, en arrière-plan, des empilements de planches et de madriers.
Vue d’une partie des scieries des chutes de la Chaudière avec, en arrière-plan, des empilements de planches et de madriers.
Plan du chenal navigable reliant New York à la région de Montréal, qui permet le transport des produits forestiers vers les Etats-Unis.
Plan du chenal navigable reliant New York à la région de Montréal, qui permet le transport des produits forestiers vers les Etats-Unis.
Chariot de rouleaux de papier « Eddystone News » avant leur transbordement dans un wagon du Canadien Pacifique.
Chariot de rouleaux de papier « Eddystone News » avant leur transbordement dans un wagon du Canadien Pacifique.
La scierie Edwards aux chutes Rideau, à Ottawa, vers 1900
La scierie Edwards aux chutes Rideau, à Ottawa, vers 1900
Ouvriers de la cour à bois de la compagnie James MacLaren, vers 1906.
Ouvriers de la cour à bois de la compagnie James MacLaren, vers 1906.
Modèle miniature d’une construction de type « balloon frame ».
Modèle miniature d’une construction de type « balloon frame ».
Le « saloon », édifice typique du village de l’Ouest américain, construit avec le modèle architectural « balloon frame ».
Le « saloon », édifice typique du village de l’Ouest américain, construit avec le modèle architectural « balloon frame ».
Artefact d’une maison construite pièce sur pièce.
Artefact d’une maison construite pièce sur pièce.

Au milieu du 19e siècle, les États-Unis sont au cœur d’un processus de colonisation de l’immense territoire qui s’étend entre le Mississippi et l’océan Pacifique, la conquête de l’Ouest. Avant cette époque, les maisons des pionniers des treize colonies américaines étaient généralement construites avec de grandes pièces de bois que l’on superposait les unes sur les autres (image). Cette technique, dite de pièce sur pièce, exigeait des arbres de forte dimension, qui se trouvaient de plus en plus rarement dans l’Ouest américain. Mais la nécessité est la mère de toutes les inventions! Dans les années 1830, un nouveau procédé architectural, le « balloon frame », sera mis au point. Celui-ci transformera les modes de construction aux États-Unis et aura une influence considérable sur le développement de l’industrie du bois de sciage dans la région de l’Outaouais.

Ce mode de construction est un assemblage de pièces de bois, une charpente à claire-voie faite de deux par quatre (pouces) et de deux par six (pouces), constituant l’ossature d’un bâtiment (image)1. À l’époque, ce procédé, qualifié de révolutionnaire, répond à un besoin d’économie du matériau, réduisant le volume de bois utilisé dans la construction au moment où une pénurie sévit aux États-Unis. De plus, la simplicité d’assemblage permet, avec l’aide d’une poignée de personnes peu expérimentées, de construire en deux ou trois jours des habitations et des villes champignons appelées « boom town » (image). Les peuplements de pin blanc et d’épinette blanche de l’Outaouais deviennent ainsi un bassin formidable de ressources forestières pour alimenter le marché américain. Qui plus est, une entente de libre-échange intervient entre l’Amérique du Nord britannique et les États-Unis en 1854, période pendant laquelle la construction de chemins de fer est très importante. Ces conditions offrent à la région de l’Outaouais les conditions gagnantes pour vivre un développement économique et industriel considérable.

Ainsi, à partir des années 1850, le bois de sciage s’ajoute au bois équarri dans la production économique canadienne. Cette situation s’avère favorable pour l’économie régionale, et plus particulièrement pour le développement économique des localités qui sont situées à proximité des richesses forestières, puisque l’industrie du bois de sciage exige plus de main-d’œuvre que la production du bois équarri. Par ailleurs, de nouveaux capitaux affluent et plusieurs Américains s’établissent au Canada, aux chutes des Chaudières notamment, entre Hull (Wrightstown) et Ottawa (Bytown). Ils érigent de grandes scieries dans le but d’approvisionner le marché américain2. La présence de ces nouvelles entreprises entraîne l’embauche de nombreux travailleurs, ce qui, par ricochet, attire dans la région une importante main-d’œuvre d’origine canadienne-française. L’équilibre démographique se modifie ainsi, peu à peu, à l’avantage des francophones. La croissance accélérée de l’industrie du bois de sciage, axée sur le marché américain à partir des débuts des années 1850, suscite la création d’une multiplicité d’entreprises qui se servent du bois comme matière première ou qui se font fournisseurs des chantiers forestiers. Des fabriques d’allumettes, de tonneaux, de portes et fenêtres, de meubles, transforment le bois, tandis que d’autres conçoivent des outils et préparent les aliments indispensables aux chantiers forestiers. Les villes et villages qui ont un arrière-pays forestier s’en trouvent animés et tout un réseau de transport est mis en place.

Références et définitions

1  MARTIN, Paul-Louis. À la façon du temps présent. Trois siècles d’architecture populaire au Québec, Sainte-Foy, Les Presses de l’Université Laval, 1999, 380 p.

2 LOWER, A. R. M. The North American Assault on the Canadian Forest, New York, Greenwood Press, 1938. Également : Charlotte Whitton, A Hundred Years A-Fellin’, Ottawa, Runge Press, 1946, p. 140.

Sources et légendes des médias secondaires

PHOTO No 1
Source : Bibliothèque et Archives Canada, PA-27215.
Légende : Vue d’une partie des scieries des chutes de la Chaudière avec, en arrière-plan, des empilements de planches et de madriers.

PHOTO No 2
Source : Collection Pierre Louis Lapointe. Dossier The Richelieu Waterway, 15 septembre 1972.
Légende : Plan du chenal navigable reliant New York à la région de Montréal, qui permet le transport des produits forestiers vers les Etats-Unis.

PHOTO No 3
Source : Musée canadien des Civilisations, no 73-424.
Légende : Chariot de rouleaux de papier « Eddystone News » avant leur transbordement dans un wagon du Canadien Pacifique.

PHOTO No 4
Source : Collection S.J. Jarvis. Photographe inconnu.
Légende : La scierie Edwards aux chutes Rideau, à Ottawa, vers 1900

PHOTO No 5
Source : Bibliothèque et Archives nationales du Québec, Centre d’archives de l’Outaouais, P117.
Légende : Ouvriers de la cour à bois de la compagnie James MacLaren, vers 1906.

PHOTO No 6
Source : http://deepenergyretrofit.files.wordpress.com
Légende : Modèle miniature d’une construction de type « balloon frame ».

PHOTO No 7
Source : http://www.magiclub.com
Légende : Le « saloon », édifice typique du village de l’Ouest américain, construit avec le modèle architectural « balloon frame ».

PHOTO No 8
Source : http://lineairedesign.typepad.com
Légende :  Artefact d’une maison construite pièce sur pièce.