Localisation : Hull
Thème : Les scieries
Année : 1874
Capsule(s) reliée(s) :

1867-1960 - Les scieries
Capsule
C10
La Banque d’Ottawa et le financement de l’industrie forestière

Premier billet de banque de 4 $ émis par la Banque d’Ottawa, en 1874. À la gauche se trouve la photographie de George Bryson et à droite, celle de James MacLaren.
Premier billet de banque de 4 $ émis par la Banque d’Ottawa, en 1874. À la gauche se trouve la photographie de George Bryson et à droite, celle de James MacLaren.
En 1817, Horatio Gates participe à la création de la Banque de Montréal. C’est grâce à ses contacts avec les marchands de Boston et de New York que la nouvelle banque accumule les capitaux nécessaires à son démarrage. Gates sera président de la banque en 1826 et de 1832 à 1834. Cet homme d’affaires et politicien originaire du Massachusetts, né en 1777, meurt subitement en 1834.
En 1817, Horatio Gates participe à la création de la Banque de Montréal. C’est grâce à ses contacts avec les marchands de Boston et de New York que la nouvelle banque accumule les capitaux nécessaires à son démarrage. Gates sera président de la banque en 1826 et de 1832 à 1834. Cet homme d’affaires et politicien originaire du Massachusetts, né en 1777, meurt subitement en 1834.
Cette photographie retouchée au fusain représente l’industriel et banquier James MacLaren, vers 1880. Né en Écosse en 1818, il meurt à Buckingham en 1892. En 1874, il se fait le principal promoteur de la création de la Banque d’Ottawa en investissant 100 000 $ dans le projet. Il siège comme président de son conseil d’administration de 1874 jusqu’à sa mort survenue en 1892.
Cette photographie retouchée au fusain représente l’industriel et banquier James MacLaren, vers 1880. Né en Écosse en 1818, il meurt à Buckingham en 1892. En 1874, il se fait le principal promoteur de la création de la Banque d’Ottawa en investissant 100 000 $ dans le projet. Il siège comme président de son conseil d’administration de 1874 jusqu’à sa mort survenue en 1892.
Édifice de la Banque d’Ottawa sur la rue Principale, à Hull, vers 1915.
Édifice de la Banque d’Ottawa sur la rue Principale, à Hull, vers 1915.
Extrait du plan de la « Cité de Hull » représentant le centre-ville et les îles du secteur des chutes des Chaudières. Le numéro 34 situe l’emplacement de la Banque de Nouvelle-Écosse, institution à laquelle est fusionnée la Banque d’Ottawa en 1919.
Extrait du plan de la « Cité de Hull » représentant le centre-ville et les îles du secteur des chutes des Chaudières. Le numéro 34 situe l’emplacement de la Banque de Nouvelle-Écosse, institution à laquelle est fusionnée la Banque d’Ottawa en 1919.
Recto du billet de banque de 5 $ émis par la Banque d’Ottawa en 1880. Le centre du billet est illustré d’une scène typique : des draveurs travaillant à briser un embâcle de billots. Jusqu’en 1866, il n’y a que les banques qui sont autorisées à imprimer des billets de banque. À partir de 1866, cependant, le gouvernement du Canada commence à imprimer des billets du Dominion et, en 1935, les banques perdent ce pouvoir en faveur de la nouvelle Banque du Canada.
Recto du billet de banque de 5 $ émis par la Banque d’Ottawa en 1880. Le centre du billet est illustré d’une scène typique : des draveurs travaillant à briser un embâcle de billots. Jusqu’en 1866, il n’y a que les banques qui sont autorisées à imprimer des billets de banque. À partir de 1866, cependant, le gouvernement du Canada commence à imprimer des billets du Dominion et, en 1935, les banques perdent ce pouvoir en faveur de la nouvelle Banque du Canada.
Verso du billet de banque de 5 $ émis par la Banque d’Ottawa  en 1880. À la gauche du billet se trouve une scène illustrant le flottage d’un radeau et le travail des « cageux ».
Verso du billet de banque de 5 $ émis par la Banque d’Ottawa  en 1880. À la gauche du billet se trouve une scène illustrant le flottage d’un radeau et le travail des « cageux ».
Billet de banque de 50 000 $ émis par la banque du Dominion of Canada en 1918. Le roi George V et sa femme Mary de Teck apparaissent au centre du billet.
Billet de banque de 50 000 $ émis par la banque du Dominion of Canada en 1918. Le roi George V et sa femme Mary de Teck apparaissent au centre du billet.
Billet de banque de 5 $ émis par la Banque d’Ottawa en 1906. Une scène de chantier occupe la partie centrale du billet. Des bûcherons y empilent des grumes.
Billet de banque de 5 $ émis par la Banque d’Ottawa en 1906. Une scène de chantier occupe la partie centrale du billet. Des bûcherons y empilent des grumes.
Billet de banque de 20 $ émis par la Banque d’Ottawa en 1903. La photographie de James MacLaren, au centre, est encadrée à gauche par une scène dans laquelle un draveur est au travail et, à droite, par une autre dans laquelle un navire, accosté, attend son chargement de blé près d’un élévateur à grain.
Billet de banque de 20 $ émis par la Banque d’Ottawa en 1903. La photographie de James MacLaren, au centre, est encadrée à gauche par une scène dans laquelle un draveur est au travail et, à droite, par une autre dans laquelle un navire, accosté, attend son chargement de blé près d’un élévateur à grain.

Faire le commerce du bois en Outaouais au 19e siècle est une opération périlleuse sur le plan financier.  Les crises économiques surviennent par surprise et la banqueroute guette les entrepreneurs qui sont trop endettés. Dans la première moitié du 19e siècle, l’économie régionale est à la merci de ce qui se passe sur le marché de Londres. Compte tenu de la lenteur de la transmission des informations (elles voyagent aussi lentement que les moyens de transport), la nouvelle d’une récession économique en Grande-Bretagne n’est connue que plusieurs mois plus tard au Canada. Dans de telles circonstances, une baisse de la demande et du prix du bois sur le marché de Londres ne parvient aux entrepreneurs forestiers qu’après leur saison de récolte de bois qui a nécessité bien des dépenses. Il en résulte périodiquement des surplus de production, des effondrements de prix et, conséquemment, des faillites retentissantes1. Les marchands deviennent alors vulnérables vis-à-vis des maisons de courtage britanniques2.

Les maisons de courtage en bois de Grande-Bretagne servent d’intermédiaires dans l’importation de bois en provenance du Canada. Elles négocient les contrats entre les acheteurs et les fournisseurs et avancent l’argent dont les entrepreneurs forestiers ont besoin pour récolter le bois et pour le transporter jusqu’au port de Québec. En retour, ces derniers s’engagent à leur donner priorité lorsque vient le temps de vendre les plançons ou les madriers qu’ils livrent à Québec. Parmi ces prêteurs se trouvent des compagnies comme Parker and Yeoward de Londres3 et Pollock, Gilmour and Company de Glasgow4. Certains de leurs hommes sont établis à Québec et Montréal pour surveiller leurs intérêts. C’est le cas de Nathaniel Gould et de James Dowie5. Les projets de Baxter Bowman, l’employeur du légendaire Jos Montferand, sont généralement financés par Peter McGill and Company, firme à laquelle sont associés Gould et Dowie6. C’est grâce à ces bailleurs de fonds que l’entreprise dirigée par Bowman, centrée sur l’exploitation forestière du bassin de la rivière du Lièvre, prend de l’expansion7.

L’accumulation d’un capital canadien et l’apparition de banques canadiennes permettent aux marchands de bois de transiger avec des prêteurs qui connaissent mieux la réalité canadienne. Le financement de l’industrie du bois par des maisons de courtage britanniques opérant à partir de la ville de Québec est peu à peu remplacé par le parrainage d’investisseurs demeurant à Montréal8. Simultanément, les entrepreneurs forestiers font de plus en plus appel aux banquiers canadiens. La Banque de Montréal est la première banque à voir le jour, en 18179 (image). Elle exerce un quasi-monopole jusqu’au début des années 1850, et ce, même si le nombre de banques en territoire canadien passe de cinq en 1825 à quinze en 185010.

Dans la vallée de l’Outaouais, les besoins de capital de risque sont surtout liés à l’industrie forestière. De là découle vraisemblablement la création, en 1874, de la Banque d’Ottawa, mieux connue sous le nom de Lumberman’s Bank. Le but poursuivi c’est de doter la région d’un outil de financement qui réponde aux besoins en capital et en crédit des entrepreneurs forestiers et des marchands de bois.  Parmi ses fondateurs se trouvent George Bryson et James MacLaren, deux des entrepreneurs forestiers les plus connus de l’Outaouais11 (image). Son premier conseil d’administration est essentiellement composé d’entrepreneurs forestiers ou de marchands qui ravitaillent les chantiers en équipements ou en provisions12.

La Banque d’Ottawa est lancée en pleine crise économique13, récession qui s’étendra sur le pays de 1874 à 1880. La nouvelle organisation connaît donc des moments difficiles. Le travail exceptionnel de son gérant, George Burn14, permet à cette dernière de traverser ces difficultés sans trop de dommages. De 1900 à 1910, la banque triple le nombre de ses succursales. C’est à cette époque que la Banque d’Ottawa étend ses activités dans l’Ouest du Canada, ce qui lui permet d’accroître son expertise liée aux activités saisonnières. Elle était passée maître dans celle de l’industrie du bois ; son ouverture sur l’Ouest canadien lui fait découvrir les problèmes financiers associés au commerce du blé, intimement lié à l’agriculture pratiquée dans les Prairies. Mais, faute de capitaux, cette expansion ne peut se poursuivre15. Les actionnaires se rendent à l’évidence et acceptent de fusionner leur petite banque régionale à la Banque de la Nouvelle-Écosse. La Banque d’Ottawa cesse d’exister le 30 avril 191916, et la Banque de Nouvelle-Écosse devient l’une des plus importantes institutions bancaires au Canada.

Ce bref survol du financement de l’industrie forestière permet de mesurer le progrès accompli à ce chapitre depuis le début du 19e siècle. Les entrepreneurs forestiers, qui étaient prisonniers des maisons de courtage et de l’insécurité qui se rattache à l’éloignement du marché d’exportation, ont eu accès à des sources de financement plus diversifiées et mieux adaptées à leurs besoins spécifiques.

Allez plus loin sur le web!
Voyez les photographies de Bibliothèque et Archives nationales du Québec montrant les édifices des succursales de la Banque d’Ottawa à Montréal :
Site Web

Lisez la biographie d’Horatio Gates sur le site du Dictionnaire biographique du Canada en ligne :
Site Web

Écoutez l’histoire des banques au Canada. Entrevue de Radio-Canada avec André Raynault, professeur d’économie à l’Université de Montréal, le 10 septembre 1987
Site Web

Lisez l’histoire de la Banque du Canada à :
Site Web

Visitez :
Le musée de la monnaie de la Banque du Canada:
Site Web

Références et définitions

1 Sandra J. Gillis, The Timber Trade in the Ottawa Valley, 1806-1854, Ottawa, Parks Canada, Manuscript Report no 153, p. 18-19.

2 Ces firmes servent d’intermédiaires entre les deux parties contractantes dans leurs transactions commerciales et financières.

3 http://www.biographi.ca/009004-119.01-f.php?&id_nbr=4659.

4 John W. Hughson et Courtney C. J. Bond, Hurling Down the Pine, Chelsea, The Historical Society of the Gatineau, 1987, p. 24.

5 Les ombres de Gould et de Dowie planent au-dessus de la tête de Price et McGill. Ils suivent de près les activités d’entrepreneurs comme Peter Aylen, Ruggles Wright et Baxter Bowman, associés à ces derniers. En guise d’exemple, soulignons que c’est en 1837 que Peter Aylen est obligé de céder son « Gatineau Priviledge » à William Price, Peter Mc Gill, Nathaniel Gould et James Dowie, c’est-à-dire à William Price and Co. (BAnQ-CAQ, E21/1877). Plus tard, c’est au tour de William Price et de Peter McGill d’être à la merci de Dowie et de Gould. Le 19 mai 1843, dans une lettre à William Price, Peter McGill se fait optimiste en soutenant « that we are not going to fail yet Ä That the Banks will I am convinced be liberal to us… » et, le 13 décembre de la même année, il avoue à Price: « I cannot suppose that Mr. D. has any such feeling but of course we know that Mr. G. is a perfect Shylock… » Le 18 décembre 1846, Peter McGill confie à William Price : « Our dependence must be on G. and Dowie… I am in fear and trembling… » (BAnQ-CAQ, P666, Fonds Price, Correspondance 1843-1847).

6 BAnQ-CAM, greffe du notaire André Jobin, 2 décembre 1826, no 4164 et 12 décembre 1827, no 4439. Voir aussi la quittance datée du 26 septembre 1831 qui se trouve dans le premier de ces contrats.

7 Sandra Gillis, op. cit., p. 92.

8 A. R. M Lower, Great Britain’s Woodyard, Montréal, McGill – Queens, 1973, p. 168-169.

9 William L. Marr et Donald G. Paterson, Canada: An Economic History, Toronto, Gage, 1980, p. 245 et 247-248.

10 Ibid., p. 249.

11 Lorne Hammond, Capital, Labour and Lumber: James MacLaren, Ottawa Valley Lumberman, 1850-1919, Université d’Ottawa, thèse de doctorat, 1993, p. 265-266.

12 Ibid., p. 267 et 269.

13 Pour une analyse des récessions économiques de la première moitié du 19e siècle et de leur impact sur l’industrie du bois carré, voir : Sandra J. Gillis, op. cit., p. 17, 33, 36, 37, 48, 52 et 56.

14 Ibid., pages 269-271.

15 Ibid., p. 285-287.

16 Ibid., p. 290.

17 Ibid., p. 253-255.

Sources et légendes des médias secondaires

PHOTO No 1
Source : Banque du Canada. Collection nationale des monnaies, pièce 1965, 0136, 06748, 000, a1, 2d0124.
Légende : Premier billet de banque de 4 $ émis par la Banque d’Ottawa, en 1874. À la gauche se trouve la photographie de George Bryson et à droite, celle de James MacLaren.

PHOTO No 2
Source : Collection Pierre Louis Lapointe. Photographie d’une peinture. Le peintre est inconnu.
Légende : En 1817, Horatio Gates participe à la création de la Banque de Montréal. C’est grâce à ses contacts avec les marchands de Boston et de New York que la nouvelle banque accumule les capitaux nécessaires à son démarrage. Gates sera président de la banque en 1826 et de 1832 à 1834. Cet homme d’affaires et politicien originaire du Massachusetts, né en 1777, meurt subitement en 1834.

PHOTO No 3
Source : BAnQ-CAO, P117, S1, SS1, D1, P2. Photographe : William Notman.
Légende : Cette photographie retouchée au fusain représente l’industriel et banquier James MacLaren, vers 1880. Né en Écosse en 1818, il meurt à Buckingham en 1892. En 1874, il se fait le principal promoteur de la création de la Banque d’Ottawa en investissant 100 000 $ dans le projet. Il siège comme président de son conseil d’administration de 1874 jusqu’à sa mort survenue en 1892.

PHOTO No 4
Source : Bibliothèque et Archives Canada, PA 9905. Photographe inconnu.
Légende : Édifice de la Banque d’Ottawa sur la rue Principale, à Hull, vers 1915.

PHOTO No 5
Source : Collection Pierre Louis Lapointe. Plan de la « Cité de Hull » préparé par Théo Lanctôt, ingénieur, en 1938.
Légende : Extrait du plan de la « Cité de Hull » représentant le centre-ville et les îles du secteur des chutes des Chaudières. Le numéro 34 situe l’emplacement de la Banque de Nouvelle-Écosse, institution à laquelle est fusionnée la Banque d’Ottawa en 1919.

PHOTO No 6
Source : Banque du Canada. Collection nationale des monnaies, pièce 1963, 0014, 00018, 000, a1, 2d0024.
Légende : Recto du billet de banque de 5 $ émis par la Banque d’Ottawa en 1880. Le centre du billet est illustré d’une scène typique : des draveurs travaillant à briser un embâcle de billots. Jusqu’en 1866, il n’y a que les banques qui sont autorisées à imprimer des billets de banque. À partir de 1866, cependant, le gouvernement du Canada commence à imprimer des billets du Dominion et, en 1935, les banques perdent ce pouvoir en faveur de la nouvelle Banque du Canada.

PHOTO No 7
Source : Banque du Canada. Collection nationale des monnaies, pièce 1963, 0014, 00018, 000, b1, 2d0024.
Légende : Verso du billet de banque de 5 $ émis par la Banque d’Ottawa  en 1880. À la gauche du billet se trouve une scène illustrant le flottage d’un radeau et le travail des « cageux ».

PHOTO No 8
Source : Banque du Canada. Collection nationale des monnaies, pièce 1975, 0025, 00135, 000, a1, 2d0058.
Légende : Billet de banque de 50 000 $ émis par la banque du Dominion of Canada en 1918. Le roi George V et sa femme Mary de Teck apparaissent au centre du billet.

PHOTO No 9
Source : Banque du Canada. Collection nationale des monnaies, pièce 1976, 0001, 00003, 000, a1, 2d0024.
Légende : Billet de banque de 5 $ émis par la Banque d’Ottawa en 1906. Une scène de chantier occupe la partie centrale du billet. Des bûcherons y empilent des grumes.

PHOTO No 10
Source : Banque du Canada. Collection nationale des monnaies, pièce 1989, 0029, 00054, 000, a1, 2d0024.
Légende : Billet de banque de 20 $ émis par la Banque d’Ottawa en 1903. La photographie de James MacLaren, au centre, est encadrée à gauche par une scène dans laquelle un draveur est au travail et, à droite, par une autre dans laquelle un navire, accosté, attend son chargement de blé près d’un élévateur à grain.