Localisation : Hull
Thème : Les scieries
Année : 1897
Capsule(s) reliée(s) :

1867-1960 - Les scieries
Capsule
C9
Les scies hurlantes des Chaudières

Mosaïque panoramique du centre de Hull et des bâtiments industriels des Chaudières à la veille du Grand Feu de 1900
Mosaïque panoramique du centre de Hull et des bâtiments industriels des Chaudières à la veille du Grand Feu de 1900
Vue panoramique des bâtiments de la Cie E.B. Eddy et du parc de la Commune vers 1897. En avant-plan, la rue Montcalm et, en bas, les arbres qui entourent la résidence d’Ezra Butler Eddy, baptisée « Château Eddy » par les résidents de l’Île de Hull. Lorsqu’elle est reconstruite au lendemain du Grand Feu de 1900, E.B. Eddy lui donne le nom de « Standish Hall ». Le bâtiment deviendra l’hôtel le plus réputé de la région de Hull et d’Ottawa dans les années 1940 et 1950.
Vue panoramique des bâtiments de la Cie E.B. Eddy et du parc de la Commune vers 1897. En avant-plan, la rue Montcalm et, en bas, les arbres qui entourent la résidence d’Ezra Butler Eddy, baptisée « Château Eddy » par les résidents de l’Île de Hull. Lorsqu’elle est reconstruite au lendemain du Grand Feu de 1900, E.B. Eddy lui donne le nom de « Standish Hall ». Le bâtiment deviendra l’hôtel le plus réputé de la région de Hull et d’Ottawa dans les années 1940 et 1950.
Empilements de planches, aux chutes Chaudières, sur la rive québécoise de la rivière des Outaouais, vers 1880
Empilements de planches, aux chutes Chaudières, sur la rive québécoise de la rivière des Outaouais, vers 1880
Vue en plongée de l’intersection du ruisseau de la Brasserie et de la rivière des Outaouais en amont des chutes des Chaudières ainsi que du boulevard Taché, de la rue Eddy et du pont des Chaudières vers 1925.
Vue en plongée de l’intersection du ruisseau de la Brasserie et de la rivière des Outaouais en amont des chutes des Chaudières ainsi que du boulevard Taché, de la rue Eddy et du pont des Chaudières vers 1925.
Bâtiments industriels typiques des chutes des Chaudières vers 1895, en l’occurrence ceux de la compagnie H. Crandall and Company
Bâtiments industriels typiques des chutes des Chaudières vers 1895, en l’occurrence ceux de la compagnie H. Crandall and Company
Plan du « Lower Village of Hull » incluant la ville d’Ottawa et les îles de la chute des Chaudières
Plan du « Lower Village of Hull » incluant la ville d’Ottawa et les îles de la chute des Chaudières
Chargement de planches et de madriers sur une barge aux chutes des chaudières, vers 1873
Chargement de planches et de madriers sur une barge aux chutes des chaudières, vers 1873
Cette photographie aérienne, prise de la rive ontarienne le 22 septembre 1923, englobe d'un coup d'œil les îles et les usines des chutes des Chaudières ainsi que les rives québécoise et ontarienne. En avant-plan, le grand barrage en hémicycle, les installations de la Cie J.R. Booth, acquises par la compagnie E.B. Eddy en 1943, et les estacades servant au tri du bois en amont des chutes.
Cette photographie aérienne, prise de la rive ontarienne le 22 septembre 1923, englobe d'un coup d'œil les îles et les usines des chutes des Chaudières ainsi que les rives québécoise et ontarienne. En avant-plan, le grand barrage en hémicycle, les installations de la Cie J.R. Booth, acquises par la compagnie E.B. Eddy en 1943, et les estacades servant au tri du bois en amont des chutes.
Vue d’une partie des scieries des chutes des Chaudières avec, en arrière-plan, des empilements de planches et de madriers à perte de vue.
Vue d’une partie des scieries des chutes des Chaudières avec, en arrière-plan, des empilements de planches et de madriers à perte de vue.
Vue en plongée des îles Chaudière, Victoria et Albert et des plaines LeBreton, vers 1940, sur la rive ontarienne des chutes des Chaudières. Ce secteur d’Ottawa, connu sous le nom de « LeBreton Flats », est alors une zone industrielle importante d’Ottawa.
Vue en plongée des îles Chaudière, Victoria et Albert et des plaines LeBreton, vers 1940, sur la rive ontarienne des chutes des Chaudières. Ce secteur d’Ottawa, connu sous le nom de « LeBreton Flats », est alors une zone industrielle importante d’Ottawa.
Section de la rue Booth, près de l’entrée de l’île Victoria, vers 1920. Plus loin, au nord, au-delà des tramways, se trouvent le portail des usines de J.R. Booth et le pont des Chaudières.
Section de la rue Booth, près de l’entrée de l’île Victoria, vers 1920. Plus loin, au nord, au-delà des tramways, se trouvent le portail des usines de J.R. Booth et le pont des Chaudières.
Ezra Butler Eddy, sur son cheval, dans la cour du futur hôtel Standish Hall, vers 1905, peu de temps avant sa mort survenue en 1906. Originaire du Vermont, il est né en 1827 comme J.R. Booth. Cet homme d’affaires ingénieux se mêle également de politique, aux niveaux municipal et provincial, sur la rive québécoise de l’Outaouais.
Ezra Butler Eddy, sur son cheval, dans la cour du futur hôtel Standish Hall, vers 1905, peu de temps avant sa mort survenue en 1906. Originaire du Vermont, il est né en 1827 comme J.R. Booth. Cet homme d’affaires ingénieux se mêle également de politique, aux niveaux municipal et provincial, sur la rive québécoise de l’Outaouais.
Le magnat industriel John Rudolphus Booth, né près de Waterloo, au Québec, en 1827 et décédé à Ottawa en 1925. Il fait fortune dans l’industrie du bois et dans les chemins de fer.
Le magnat industriel John Rudolphus Booth, né près de Waterloo, au Québec, en 1827 et décédé à Ottawa en 1925. Il fait fortune dans l’industrie du bois et dans les chemins de fer.

L’industrie forestière de l’Outaouais subit une énorme transformation dans la deuxième moitié du dix-neuvième siècle. La signature du traité de Réciprocité avec les Etats-Unis d’Amérique en 1854, ouvre aux producteurs du Canada et de la vallée de l’Outaouais surtout, un énorme débouché qui prend graduellement la relève du marché britannique qui est en déclin.1 Le bois de sciage remplace le bois «carré» et domine dorénavant la production canadienne. Ce développement accélère considérablement l’industrialisation en donnant naissance aux grandes scieries de la vallée de l’Outaouais et à celles des Chutes Chaudières en particulier C’est ce qui donne le signal du début de la construction des grandes scieries industrielles des chutes Chaudières, entre Gatineau (Hull) et Ottawa (Bytown), et ailleurs, tout le long de la rivière des Outaouais, par des investisseurs américains qui veulent répondre à la demande du marché américain pour du bois de sciage. Ces investissements considérables ont un effet d’entraînement. Les anciennes scieries sont modernisées et leur production est accrue en conséquence. Des localités comme Quyon, Fort-Coulonge, Pembroke, Braeside, Aylmer, Buckingham, North Nation Mills, Hawkesbury, et plusieurs autres connaissent une période de prospérité économique et une importante augmentation de leur population.

Avant l’arrivée des investisseurs américains aux Chaudières au début des années 1850, il n’y a que trois entreprises qui se servent du pouvoir hydraulique de ces chutes. Dès leur arrivée dans le canton de Hull, vers 1800, les Wright y installent une scierie, un moulin à farine et une forge. Ce n’est qu’en 1837 cependant que Daniel McLachlin établit son moulin à farine sur une des îles situées au sud des chutes Chaudières, et en 1842, que Philip Thompson et John Perkins y construisent une meunerie et une scierie2. Ces deux entreprises sont érigées sur des terrains louées du gouvernement, tout comme le seront la plupart des grandes scieries construites aux chutes Chaudières par les investisseurs américains. Le prodigieux développement industriel des Chaudières est en effet attribuable à la construction d’un barrage et de canaux de dérivation et à l’aménagement de lots hydrauliques au sud de la rivière des Outaouais. Les Américains, qui ont de l’argent à investir, sautent sur l’occasion. Ils se font locataires à bail de ces sites industriels, loués pour une période de 21 ans3.

La construction du chemin de fer Bytown et Prescott, terminé en 1854, est le premier investissement d’importance des Américains dans la région d’Ottawa.  Parallèlement, ils préparent leur entrée dans l’industrie des sciages. Les premiers arrivés sont Levi Young, en 1851, J.J. Harris et H.F. Bronson, en 1852, et W.G. Perley et C.B. Pattee en 18534. C’est au même moment que débarquent en région Ezra Butler Eddy, venu du Vermont en 1851, et John Rudolphus Booth, arrivé de Waterloo en 18535. Tous deux vont connaître un brillant avenir dans l’industrie forestière de l’Outaouais.

En 1856, les chutes Chaudières sont totalement transformées. La scierie de P.G. Thompson, agrandie, a 27 scies verticales en activité tandis que Young, Wynn et Compagnie en ont 21. En comparaison, Harris et Bronson, le producteur le plus important, rapporte 74 scies verticales et quatre scies circulaires en activité et se dit prêt à ajouter un autre 70 scies verticales à son moulin. Au même moment, la compagnie Blasdell érige une imposante scierie sur l’île Chaudière. Des difficultés financières obligent cependant les frères Blasdell à vendre leurs intérêts à A.H. Baldwin6. Ces développements, et bien d’autres, font passer la production de bois de sciage de la région Ottawa-Hull de 20 à 25 millions de pieds de planche en 1859 à 100 millions de pieds en 18687. (image) Entretemps, l’esprit d’entreprise de J.R. Booth et E.B. Eddy fait son œuvre, de telle sorte qu’en 1871, ils occupent une place de choix dans l’industrie du bois. Aussi étonnant que cela puisse paraître, ces chiffres connaissent une hausse malgré la dépression économique qui frappe l’industrie du bois, de la fin des années 1870 jusqu’au début des années 1890 (image). La production de bois de la région Ottawa-Hull, qui est à son meilleur en 1896, est en chute libre au début du vingtième siècle8. Les réserves de bois de bonne qualité du bassin de l’Outaouais sont pratiquement épuisées et c’est la production de la Colombie britannique qui prend peu à peu la relève9.  Le brillant Ezra Butler Eddy prévoit cette évolution !  En 1889, il fait construire la première usine de pâte chimique de la région10, sur le site actuel du Musée canadien des Civilisations.

Allez plus loin sur le web!
Plongez-vous dans la vie de ces grands hommes de l’industrie forestière en parcourant leur biographie dans le Dictionnaire biographique du Canada en ligne :

William Goodhue Perley à :
Site Web

Henry Franklin Bronson à :
Site Web

John Rudolphus Booth à :
Site Web

Ezra Butler Eddy à :
Site Web

Références et définitions

1 John W. Hughson et Courtney C. J. Bond, Hurling Down the Pine, Chelsea, The Historical Society of the Gatineau, 1987, page 43.

2 Ibid., pages 35, 37 et 41.

3 Ibid., page 41.

4 Ibid., pages 41-42.

5 Ibid., page 42.  Pour une biographie fort bien documentée de J.R. Booth, voir : C.F. Coons, « The John R. Booth Story », dans Your Forests, Vol. 11, No 2, (Summer 1978), Ontario Ministry of Natural Resources, Forest Management Branch, Toronto, pages 8-26.

6 John W. Hughson et Courtney C. J. Bond, Op. cit., pages 42-43.

7 Ibid., page 44.

8 Pour un survol de l’industrie du bois dans la région d’Ottawa en 1896, voir : The Timber Trades Journal and Sawmill Advertiser, Vol. XLII (42), No 1 069, 20 février 1897.

9 William L. Marr et Donald G. Paterson, Canada: An Economic History, Toronto, Macmillan of Canada, 1980, page 363.

10 John W. Hughson et Courtney C. J. Bond, Op. cit., page 47.

Sources et légendes des médias secondaires

PHOTO No 1
Source : Bibliothèque et Archives Canada, C 6629. Photographe : William Topley.
Légende : Mosaïque panoramique du centre de Hull et des bâtiments industriels des Chaudières à la veille du Grand Feu de 1900

PHOTO No 2
Source : Collection Pierre Louis Lapointe. Photographe : Lancefield, Ottawa.
Légende : Vue panoramique des bâtiments de la Cie E.B. Eddy et du parc de la Commune vers 1897. En avant-plan, la rue Montcalm et, en bas, les arbres qui entourent la résidence d’Ezra Butler Eddy, baptisée « Château Eddy » par les résidents de l’Île de Hull. Lorsqu’elle est reconstruite au lendemain du Grand Feu de 1900, E.B. Eddy lui donne le nom de « Standish Hall ». Le bâtiment deviendra l’hôtel le plus réputé de la région de Hull et d’Ottawa dans les années 1940 et 1950.

PHOTO No 3
Source : Bibliothèque et Archives Canada, PA 012528. Photographe : William Topley.
Légende : Empilements de planches, aux chutes Chaudières, sur la rive québécoise de la rivière des Outaouais, vers 1880

PHOTO No 4
Source : Collection Pierre Louis Lapointe. Photographie aérienne de la compagnie Airmaps Limited.
Légende : Vue en plongée de l’intersection du ruisseau de la Brasserie et de la rivière des Outaouais en amont des chutes des Chaudières ainsi que du boulevard Taché, de la rue Eddy et du pont des Chaudières vers 1925.

PHOTO No 5
Source : Bibliothèque et Archives Canada, C 2208. Photographe : William Topley.
Légende : Bâtiments industriels typiques des chutes des Chaudières vers 1895, en l’occurrence ceux de la compagnie H. Crandall and Company

PHOTO No 6
Source : Collection Pierre Louis Lapointe. Plan du village de Hull et de la ville d’Ottawa de W. A. Austin.
Légende : Plan du « Lower Village of Hull » incluant la ville d’Ottawa et les îles de la chute des Chaudières

PHOTO No 7
Source : Archives photographiques Notman, Musée McCord.
Légende : Chargement de planches et de madriers sur une barge aux chutes des chaudières, vers 1873

PHOTO No 8
Source : Collection Pierre Louis Lapointe. Photographie aérienne.
Légende : Cette photographie aérienne, prise de la rive ontarienne le 22 septembre 1923, englobe d’un coup d’œil les îles et les usines des chutes des Chaudières ainsi que les rives québécoise et ontarienne. En avant-plan, le grand barrage en hémicycle, les installations de la Cie J.R. Booth, acquises par la compagnie E.B. Eddy en 1943, et les estacades servant au tri du bois en amont des chutes.

PHOTO No 9
Source : Bibliothèque et Archives Canada, PA-27215.
Légende : Vue d’une partie des scieries des chutes des Chaudières avec, en arrière-plan, des empilements de planches et de madriers à perte de vue.

PHOTO No 10
Source : Collection Pierre Louis Lapointe. Photographie aérienne.
Légende : Vue en plongée des îles Chaudière, Victoria et Albert et des plaines LeBreton, vers 1940, sur la rive ontarienne des chutes des Chaudières. Ce secteur d’Ottawa, connu sous le nom de « LeBreton Flats », est alors une zone industrielle importante d’Ottawa.

PHOTO No 11
Source : Collection Pierre Louis Lapointe. Photographe inconnu.
Légende : Section de la rue Booth, près de l’entrée de l’île Victoria, vers 1920. Plus loin, au nord, au-delà des tramways, se trouvent le portail des usines de J.R. Booth et le pont des Chaudières.

PHOTO No 12
Source : Archives de la Ville de Gatineau, cote V-12-719. Photographe inconnu.
Légende : Ezra Butler Eddy, sur son cheval, dans la cour du futur hôtel Standish Hall, vers 1905, peu de temps avant sa mort survenue en 1906. Originaire du Vermont, il est né en 1827 comme J.R. Booth. Cet homme d’affaires ingénieux se mêle également de politique, aux niveaux municipal et provincial, sur la rive québécoise de l’Outaouais.

PHOTO No 13
Source : Collection Pierre Louis Lapointe. Photographe inconnu.
Légende : Le magnat industriel John Rudolphus Booth, né près de Waterloo, au Québec, en 1827 et décédé à Ottawa en 1925. Il fait fortune dans l’industrie du bois et dans les chemins de fer.